Mais quel vent cette nuit mes amis! Ma tente n'a eu d'autre choix que de se laisser barloquer dans tous les sens au gré du vent, toute la nuit.
Je me suis endormi à 22h et me voici au réveil à 9h30. J'ai très bien dormi, surtout compte tenu de mon dos et de la presque-tempête-de-vent!
Alors qu'hier me coucher en position horizontale était douloureux, cette position est à présent très confortable. Toutefois, dès que je veux changer de position, me mettre assis ou sur le côté, je dois être très attentif car la moindre sollicitation inappropriée de mon dos et ça me lance comme un coup de poignard.
Je prends un nurofen. Je suis bien sur conscient que ce n'est pas ce qui me guérira, cependant ça ne peut faire de mal. Ce qui peut aider ma guérison par contre, c'est le repos, la patience, et bien sur le pouvoir de la demande (qui reprend celui de la prière bien sur). Demande ou prière à l'Univers, à Dieu, ou peu importe quel nom chacun met dessus.
Je ne sais par contre pas quoi faire ce matin. Je suis toujours dans mon sac de couchage. Que faire? Rester une nuit de plus ici? Essayer de reprendre la route?
Ce que je sais par contre, c'est que je remercie Dieu pour ce mal de dos. J'y suis enfin capable. Il me permet entre autre de réaliser que je suis en bonne santé générale, que j'ai l'usage de toute ma tête (trêve de plaisanterie), que j'ai l'usage de mes deux bras et de mes deux jambes! Il me permet aussi de me plonger dans le moment présent.
Bon je me décide: let's walk.
Premièrement, il me faut 1h45 pour tout replier, dans la limite de mes mouvements, après quoi je sonne chez Françoise afin de me ravitailler en eau, de décharger mes poubelles, et d'accepter les deux cafés qu'elle m'offre.
Une demi heure plus tard je me remets en route, riche de deux bananes bien mûres et d'une conversation plein de simplicité et d'authenticité.
J'essaye d'adopter une démarche qui épargne le mieux le bas de mon dos. Un couple de Hollandais me dépasse. Je marche extrêmement lentement.
Je fais régulièrement de longues pauses.
Trois heures et trois kilomètres plus loin, j'arrive au hameau de Logbiermé.
Je demande à René qui habite la ferme qui fait le coin s'il peut m'indiquer un endroit où établir mes quartiers. "Sur la petite place en face, tu ne gêneras personne" me répond-il. C'est une place recouverte d'herbe bien entendu.
Ma maison construite, je pars à la conquête de bolets dans les bois alentours, que je rince dans un ruisseau avant de les faire revenir dans un filet d'huile d'olive, une pincée de sel, et avec la moitié d'un ognon. Ensuite, je cuis le riz complet et mélange le tout. Délicieux!
Il y a des moments difficiles (pépin physique, angoisse la nuit,..), et il y a aussi des moments de pur bonheur comme de préparer à manger dans l'herbe à côté de sa tente, dans un hameau au milieu de nulle part.
Logbiermé, c'est la Belgique profonde. Il est 20h et il n'y a pas un bruit, pas un bruit de fond. Il n'y a que le silence à écouter, et le vent qui fait danser les arbres.
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