Je suis réveillé par haut régime d'une tronçonneuse qui travaille au loin, vers 8h du matin. Ce qui m'amène à me poser la question "Pourquoi si tôt?".
Quelle chance, le soleil donne ce matin.
Le chemin prend un peu de hauteur tout en s'extirpant de la forêt de sapins, avant d'aboutir sur le sommet d'une colline en forme de monticule, recouverte de prairies.
Cette colline étant plus élevées que ses voisines, un très beau panorama se dégage devant moi.
Le vent souffle fort, et ce qui est appréciable c'est que pour une fois l'air est sec!
Le chemin entame sa descente sur le petit village de Burg-Reuland, dans le creux de la vallée. Le châteaux du village, datant de la fin du 16e, sera bientôt le témoin d'une fête à en juger par la vingtaine de bénévoles s'agitant à monter un grand chapiteau dans la cour intérieure.
D'après le guide et une dame que je rencontre dans la rue, une petite échoppe d'alimentation générale se trouve à Ouren, ma destination du jour. Je décide donc d'éviter tout ravitaillement non nécessaire dans ce Burg, dans un soucis de légèreté, et par la même occasion, entreprends de postposer mon lunch.
En route, je croise beaucoup de randonneurs du weekend, me saluant presque tous d'un "goede dag". Je n'ai donc pas la vive impression d'être en communauté germanophone.
Le camping de Ouren est fermé, ainsi que la petite épicerie dont on m'avait parlé!
On dirait que le village a été plongé dans un sommeil profond. Un sommeil dont je me demande même s'il sortira un jour.
Soudain, alors que j'ère dans le village en quête d'inspiration, une jeune demoiselle dans ma direction, une botte de persil à la main. Je l'interpelle en lui expliquant mon désarrois. Prenant mon cas en considération, et me renseignant qu'il n'y a aucun commerce à moins de 10km à la ronde, elle m'invite à l'accompagner jusque chez elle. En chemin, j'apprends qu'elle connaît bien Wdt puisqu'elle y a déjà conduit dans le cadre de son permis de conduire.
Arrivé chez elle, je fais la connaissance de ses parents qui viennent de terminer le chemin de Compostelle cette année. Depuis chez eux, ils ont rallié Compostelle en cinq parties et autant d'années, reprenant à chaque fois là où ils s'étaient arrêtés l'année précédente. Du coup on échange sur nos expériences respectives après quoi la mère revient avec un demi chou-fleur cuit dans une sauce blanche et un bon gros morceau de poisson. Waw je suis aux anges! Le père m'explique quel type de poisson c'est et que c'est son fils qui l'a pêché dans la rivière qui traverse le village, l'Our. Comme je ne comprends pas, malgré sa gestuelle (on parle allemand), j'essaye au hasard en français "une truite?". Il me répond que c'est justement le poisson qui mange la truite, avec plein de dents dirigées vers l'arrière de sa gueule. Haa, un brochet! Quelle chance, je vais même avoir le luxe de manger du poisson sauvage.
Reboosté par cet échange, ce partage, cette communion, et cet élan d'humanité, je continue sur deux kilomètres sur les conseils du père, où une vaste aire de pique-nique m'attend au bord, et où je pourrai y camper aisément.
Chose faite, je me régale de ce met 3*!
Bonne soirée et bonne nuit.
J'ai le cafard ce soir. Je me sens particulièrement seul au monde dans cette prairie complètement isolée de tout. J'écoute les mix deep house que j'avais l'habitude d'écouter lors de mes sessions d'examen. Une partie de moi se sent même nostalgique de cette époque, de la vie d'étudiant, et même des monstrueux challenges qui m'attendaient chaque veille de session.
C'est vraiment ça, j'en suis carrément nostalgique.
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