vendredi 13 octobre 2017

J12 | Ouren - Dasbourg | 13,7km

Je passe une très bonne nuit de sommeil, une fois de plus.

Je prends bien le temps ce matin, et m'initie même à une petite gym matinale. Un des buts recherchés est de renforcer ma ceinture abdominale intérieure (je me fous des tablettes extérieures), celle-là même qui soutient le bas de mon dos.
J'ai maintenant pris l'habitude de sécher ma tente avec un de mes deux essuies avant de la replier, sur les faces intérieure et extérieure de la toile extérieure. En fait, ma tente ressemble à ceci: Une toile extérieure totalement imperméable, et une toile intérieure dont certaines parties sont perméables à l'air. Une couche d'air sépare les deux membranes (toiles). Cette couche d'air se charge de l'humidité qui se dégage de l'intérieur de la tente (respiration, vêtements qui sèchent,..). A l'avant ainsi qu'à l'arrière de la tente, deux ouvertures permettent à cet air interstitiel chargé d'humidité de s'évacuer, aidé par le vent extérieur bien entendu.

Je vis une étape compliquée mentalement et émotionnellement.
Premièrement, je remarque assez vite qu'il n'y a aucun ravitaillement d'ici Dasbourg, ma destination supposée.
Deuxièmement, je chemin est vallonné comme pas possible, et je ne me vois pas du tout avancer.
A cette allure, je comprends que je vais devoir à nouveau sauter le repas du midi, moi qui me suis déjà contenté du dernier paquet de biscuits au citron au petit-déjeuner. Tout au long de l'itinéraire je reste dans la vallée de l'Our. Les versants de cette vallée sont très raides, et le tracé s'amuse régulièrement à flirter avec les hauteurs, pour tout redescendre ensuite jusqu'au niveau de l'eau. Bref la distance sur ce parcours est très trompeuse.
Troisièmement, je me demande encore ce que je fous ici tout seul comme un con, ce qui provoque en moi, cette fois, un sentiment d'exaspération. Sentiment accentué par ma fatigue et mon état de faiblesse, tous deux liés à la difficulté du parcours, au fait que j'ai le ventre vide, et enfin à l'adaptation physique à laquelle mon corps est confronté depuis mon départ.

Je me calme au fur et à mesure que je vois la fin arriver.

A 16h je mange un cheesburger dans un café, rive droite.
A par la Q8 mitoyenne au café, il n'y a aucun autre magasin ouvert dans le coin. Je ne m'étais pas rendu compte que c'était dimanche.
C'est donc à la station essence que j'achète des saucisses, du pain, et des tranches de charcuterie. A par ces quelques produits de qualité, il n'y que des cigarettes, des quantités astronomiques de café, et de l'alcool fort. Et oui, sur la rive gauche, de l'autre côté du pont, on va en Allemagne. Et ici, on est au Luxembourg! L'Our sert donc de frontière naturelle.

Je me dirige vers le camping qui se trouve de l'autre côté de la rivière. Haa des satinaires! J'en profite pour prendre une bonne douche (le boiler est coupé donc l'eau est froide mais c'est la dernière de mes préoccupations) et faire une grosse lessive.

Bonne nuit.

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