Alors que je suis en train de replier ma tente, Christian sort sur son balcon et me propose de venir prendre le café. Je suis stupide, au début je lui dis que j'ai déjà déjeuné, puis je me rends compte que je suis stupide de faire semblant de refuser, et je lui dis que je le rejoins volontiers.
Finalement je déjeune une seconde fois en même temps que lui. Du pain, un fromage suisse bien salé et un sirop, c'est tellement bon.
Je reste deux heures à discuter avec Christian. La première moitié en allemand, le reste en anglais.
Christian est très croyant, chrétien. Il considère la bible comme étant la vérité, et lorsqu'il doit prendre une décision important et s'y réfère. Il me dit d'un ton amusé que son prénom prononcé en anglais veut dire "chrétien" en anglais.
On parle beaucoup de religions, de la bible, du coran, de Jésus et ses accomplissements et j'enchaîne là dessus en parlant de potentiel illimité, du pouvoir de l'hêtre humain. Je lui parle de la hollandaise que j'ai rencontrée à Luxemburg, et il me dit qu'il a déjà vu des miracles accomplis. Je cite une phrase de Jésus, pour rester dans le sujet, et qui dit texto "Ce que j'ai fait, vous pouvez aussi le faire". Je trouve cela vraiment interpellant car cela veut dire que nous pouvons aussi accomplir des miracles, probablement si nous sommes prêts à le faire et éveillés. L'assimilation de Jésus au commun des mortels n'a pas l'air de l'emballer. Jésus cependant ne souhaite pas qu'on le considère comme étant supérieur aux humains.
Christian installe un poêle à bois dans le chalet, voilà pourquoi il est ici en cette saison. Normalement il y vient en été et en hiver. Chaque saison offre ses plaisirs.
Le chalet est très simple et en même temps très accueillant. Le toit et les murs sont recouverts de lattes de sapin, et le sol revêt une moquette chaleureuse.
Ce petit-dej me met de bonne humeur. Je prends congé de Christian avec une pomme en cadeau.
Vers 13h il commence à pleuvoir fort et sans interruption jusque 19h.
Les rafales de vent viennent accompagner la pluie, sans doute pour ne pas qu'elle se sente trop seule.
La météo a très vite raison de ma bonne humeur.
L'après-midi est très pénible. L'intensité de la pluie conjuguée au vent fait en sorte que mon pantalon perce et devient une passoire. L'eau s'infiltre facilement par le haut de mes chaussures et à 15h j'ai des flaques dans chacune d'elles.
Ma consolation finalement, c'est qu'il ne fait pas trop froid, donc c'est supportable.
J'arrive enfin à Urnerboden vers 17h et vais me réchauffer autour d'un chocolat chaud dans le seul établissement ouvert dans ce village fantôme. En effet, la majorité de la population est paysanne et redescend plus bas dans la vallée avec les bêtes à l'approche de l'hiver.
Le barman me dit que je peux probablement installer ma tente au milieu des ces bâtiments déserts en m'indiquant l'endroit par la fenêtre.
Par ailleurs il me renseigne aussi sur la météo qui sera clémente demain. Quel soulagement, car cela signifie que je suis en bonne position pour passer le passage de demain. Ca me remonte le moral.
Je pose ma tente et la pluie s'arrête comme prévu vers 20h.
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