Il fait vachement froid et cru ce matin, le vent accentuant le ressenti. En revanche ce dernier aura été très utile en séchant la tente.
Je marche une petite heure pour arriver à Pratteln, petite localité que traverse l'autoroute vers Zurich. Je m'y arrête dans un café pour boire un chocolat chaud et me procurer un morceau de carton sur lequel j'inscris "ZURICH " et "VADUZ " l'un au dessus de l'autre.
Je me poste à une centaine de mètres de la bretelle qui s'engage sur l'autoroute. Une aire de bus permettra à une bonne âme de s'arrêter pour me charger.
Je suis curieux de voir combien de temps ça prendra, et puis je me dis que ce n'est qu'une question de confiance. Comme tout n'est qu'Energie et Vibration, si j'ai confiance, quelqu'un le ressentira et s'arrêtera.
Je dois avouer que je me dis que ce n'est certainement pas une des nombreuses voitures luxueuses que je vois défiler qui s'arrêtera, mais plutôt une vieille auto ou un van, ou quelqu'un qui a déjà fait du stop.
Dix minutes plus tard, la Vie me donne tort lorsqu'une carrera 4 décapotable ralentit et se met sur le côté. "I'm going to Zurich" me crie son chauffeur. C'est inespéré, mon moyen de transport est une Porsche.
L'intérieur est un peu mouillé, en effet de nombreuses averses ont animé la matinée. Bruno essuye mon siège pour que je puisse m'assoir au sec. Je lui demande s'il conte refermer la capote en cas de nouvelle pluie. Il me répond que les gouttes ne nous atteindront pas, la voiture va trop vite, avant de poursuivre plus sérieusement en affirmant qu'il fera sec le reste du trajet. Effectivement.
On s'arrête à la prochaine station pour prendre de l'essence lorsqu'il m'explique qu'il me déposera à la sortie de Zurich sur une aire d'autoroute stratégique où je pourrai continuer mon stop vers Vaduz. Au fil de son argumentation, il se rend compte que cette solution ne lui plaît pas, et change d'avis en me disant qu'il me payera le train de Zurich à Vaduz. Je le remercie ainsi que la Vie pour me permettre d'atteindre mon objectif en un minimum de temps et d'efforts.
J'accepte ce geste sans un sentiment de gêne. Il faut embrasser tout ce que l'Àme du Monde veut vous offrir. En prétextant que c'est de trop, qu'on ne peut pas accepter ou encore qu'il ne fallait pas, Dieu pourrait bien nous entendre et ne plus se montrer aussi généreux la prochaine fois.
Je suis tout fou, comme un gosse qui reçoit un légo ou à qui on dit qu'il peut encore jouer dans la plaine un quart d'heure.
Bruno est chirurgien. Il forme également d'autres chirurgiens à utiliser des robots, des machines de pointes qui permettent d'opérer dans des conditions toujours meilleures.
Il n'y a pas si longtemps, il était en Belgique d'ailleurs pour son travail.
Quand je cite Paulo Coelho en lui demandant s'il vit sa Légende Personnelle, il se met à rire, reconnaissant l'auteur, et me répond que sa vie professionnelle l'épanouit.
Il m'explique encore deux trois trucs sur la Suisse, Zurich, et Bâle dont il est originaire.
A la gare, il s'occupe de tout et me tend le ticket. Pour la petite histoire, je contribue à l'achat du ticket à hauteur de dix centimes. C'est la somme exacte qu'il lui manque en liquide pour l'achat du ticket.
Je vois Vadura écrit sur le ticket, et me dis que ça ne peut qu'être Vaduz écrit dans le dialecte local.
Le train longe le lac de Zurich au pied duquel s'élèvent de hauts sommets. Pas mal! Un peu plus loin, un deuxième lac.
Je descends à la gare indiquée sur le ticket, pour prendre un bus vers un petit village surélevé, suivi d'un autre bus, plus petit cette fois, qui m'amène à Vadura. Ce n'est que quelques secondes avant que la navette ne s'arrête à Vadura que je commence à me demander si je vais au bon endroit, constatant la dizaine de chalets autour de moi. Étant en état de choc, je demande tout de même au chauffeur, qui a pu croire que je me moquais de lui, si nous sommes bien arrivé dans la capitale du Lichtenstein. Il me dit que c'est à 50km d'ici, et m'indique un chemin qui redescends vers le village d'où on vient.
Bref, je reprends un bus, un train, et un bus et j'arrive à Vaduz en une heure et 16 francs. Il y a un petit 40 000 habitants dans ce pays, dont même pas un cinquième vivrait dans la capitale, à en croire un panneau de renseignement sur le sentier serpentant qui grimpe vers le château. Pourquoi vais-je au château? Pour dormir. C'est le chirurgien qui m'a payé une nuit dans la suite royale, avec champagne et une charmante compagnie. Je plaisante... Je me dirige vers le château pour m'extirper de la ville et prendre de la hauteur, et ainsi augmenter mes chances de trouver un endroit propice à un montage de tente. Bingo, es gibt eine Wiese perfekt für meine Zelt!
Guten Nacht
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